Organiser les assemblées citoyennes
Principe
Une assemblée citoyenne consiste à réunir des citoyens pour qu’ils s’informent, échangent, débattent et décident sur un ou plusieurs sujets. Idéalement, l’assemblée devrait faire partie de nos institutions politiques et être organisée dans un cadre légal.
Kayoux s’est fixé de reproduire le fonctionnement d’une démocratie participative au sein du système représentatif. Cela s’avère extrêmement difficile.
Qui peut participer aux assemblées ? Pour Kayoux, toutes les personnes qui font la ville. Il s’agit non seulement des habitants, mais également des commerçants, des étudiants (Louvain-la-Neuve est une ville universitaire), les personnes qui y travaillent etc
Agora Brussels avait pour sa part choisi de tirer au sort les participants, en ajustant certains critères (âge, genre, diplôme, quartier) pour garantir une représentativité élevée. Cette méthode supérieure demande cependant des moyens opérationnels et financiers que Kayoux, collectif à l’échelle communale, n’a pas à sa disposition.
Risques
Existe-t-il un risque d’abus, sous forme d’intrusion d’éléments perturbateurs, ou d’adversaires qui investirait l’assemblée en masse ? Oui, mais aucun n’a été recensé. Une parade est le tirage au sort des participants, qui empêche l’invasion concertée de l’espace par des personnes mal intentionnées.
Un risque plus concret provient du manque de fréquentation qui s’est manifesté au fil du temps. C’est un ennemi à la légitimité de votre action.
Enfin, quelque soit la qualité de votre travail, de celui de l’assemblée et de la diversité des participants, il s’agira toujours de votre assemblée, liée à votre parti ou votre mouvement. En ce sens, elle ne pourra jamais prétendre à plus de légitimité démocratique qu’une banale consultation organisée par un parti classique.
Ces risques sont inhérents à l’organisation d’assemblées citoyennes par un parti politique. Il n’existeraient pas dans une version de notre société où la participation citoyenne serait institutionnalisée.
Kit
Un kit de l’assemblée citoyenne reprenant tous les aspects pratiques et méthodologiques est un outil intéressant à destination des organisateurs et des animateurs. Il sera constitué puis amélioré au fur et à mesure.
Charge de travail
De telles assemblées demandent un travail important. Logistique tout d’abord : il faut une salle, lancer des invitations, communiquer… ensuite sur le fond : il ne s’agit pas simplement pour un élu de s’informer sur un sujet, mais d’informer un ensemble de personnes aux backgrounds hétéroclites. Il faut aussi prévoir des animateurs et des experts pour présenter le sujet de manière équilibrée. Les animateurs doivent se former à la prise de décision participative et à ses outils, et notamment veiller à ce que la parole soit répartie entre participants et experts. Enfin, le produit attendu de l’assemblée doit être décrit : quels documents, avec quel niveau de détail, pour quelle finalité (déposer un amendement, intervenir lors du conseil communal, informer, …). Son suivi doit être assuré.
Fréquentation
Malgré un travail acharné, la fréquentation des assemblées a diminué au fil du temps. On peut attribuer cela entre autres à un manque d’intérêt. Une publicité insuffisante ou mal ciblée ainsi qu’un manque de temps et de moyens ont également joué un rôle. En l’absence de subsides, tant les organisateurs que les participants sont bénévoles et sacrifient leur temps libre. Ce mode opératoire montre vite ses limites.
- Tenez compte de la charge de travail colossale que représente la tenue d’une assemblée citoyenne.
- Rédigez un kit de l’assemblée citoyenne. Améliorez-le lors de chaque assemblée.
- Interrogez-vous sur l’opportunité de tenir des assemblées hors cadre institutionnel.