À propos de ce guide

Ce guide pratique est inspiré par l’expérience de l’auteur au sein de Kayoux, un collectif citoyen qui s’est présenté aux élections de 2018 à Ottignies-Louvain-la-Neuve (OLLN) et a obtenu deux sièges au conseil communal.

La participation de l’auteur à Agora Brussels, un autre parti citoyen qui a lui obtenu un siège au Parlement bruxellois en 2019, a également influencé ce guide.

Ceci n’est pas une biographie, mais un partage d’expérience présenté sous forme de conseils qui trouveront certainement à s’appliquer ailleurs.

Rédigé par un ancien membre du collectif, ce guide n’engage que son auteur et ne reflète que ses opinions.

Si vous avez l’intention de créer un collectif et une liste citoyenne lors des prochaines élections, ou si vous êtes simplement curieux du parcours de Kayoux, cet humble guide vous est destiné.

Comment lire ce guide

Les chapitres se suivent dans un ordre principalement chronologique, mais vous pouvez (presque tous) les lire séparément.

Version préliminaire

Ceci est une version préliminaire du guide (14 juin 2024). Certains chapitres sont encore en cours de rédaction.

Avant de commencer

Au départ, à Ottignies-Louvain-la-Neuve (OLLN), un promoteur immobilier avait déposé une demande de permis pour agrandir le centre commercial L’Esplanade. La Ville soutenait ce projet, mais pas certains habitants qui voulaient en débattre. Ils décidèrent de faire usage de leur droit d’initiative de consultation populaire et réussirent à récolter les nombreuses signatures nécessaires pour la déclencher. La Ville les en déposséda partiellement, en la mettant à sa sauce et en la présentant comme émanant d’elle.

Près de 80% des participants se sont opposés au projet lors de la consultation. Le taux de participation était considéré comme élevé : 20% (le seuil étant fixé à 10% pour dépouiller les bulletins de vote).

Les citoyens avaient été chercher leur droit à se prononcer, et leur choix n’était pas du tout ce que voulaient leur imposer les élus. Cet épisode mettait en évidence un manque de démocratie et un besoin criant de participation citoyenne dans la gestion de la ville. Après cet épisode d’empowerment, ces habitants décidèrent de ne pas en rester là et de poursuivre leur action en créant un collectif.

  • Des errements politiques sur un enjeu majeur sont un terrain favorable à la création d’un collectif citoyen.
  • Un ancrage préalable dans la sphère citoyenne est un levier précieux.

Fixer un objectif

L’objectif du mouvement doit être clair et fixé dès le départ. Distinguez l’objectif des moyens pour l’atteindre. Par exemple, organiser des assemblées citoyennes est-il un objectif en soi, ou est-ce un moyen pour favoriser la démocratie participative?

Soyez spécifique. “Favoriser la démocratie” est un objectif large qu’on trouve au programme des partis traditionnels. “Favoriser la démocratie participative en Belgique via des assemblées de citoyens tirés au sort” ne l’est sans doute pas.

Kayoux avait pour objectif :

Mettre la démocratie au cœur de la vie politique de la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et ainsi favoriser l’implication de tous ses habitant·e·s.

Et est détaillé plus avant :

En pratique, le projet du collectif des Kayoux est simple comme un petit caillou : c’est de mettre en place une assemblée citoyenne qui rassemble les personnes qui font la ville, c’est-à-dire ses habitant·es mais aussi les personnes qui y travaillent, étudient… Les participant·es à cette assemblée peuvent apprendre, débattre, et pas à pas décider ensemble sur les sujets qui concernent leur commune.

A ne pas confondre avec le slogan, qui doit être court et percutant. Celui de Kayoux :

Le citoyen est le politique, l’élu est son porte-parole

Déterminer vos valeurs et principes

Chaque projet citoyen a ses propres valeurs et principes. Certaines valeurs semblent bonnes pour tous les collectifs, comme la convivialité et la non-violence. D’autres seront spécifiques à votre projet, par exemple la transparence.

Assurez-vous que vos valeurs se traduisent par des principes de fonctionnement concrets et effectifs.

Il n’est pas indispensables de scinder valeurs et principes si cette distinction ne vous semble pas pertinente.

Exemple : Valeurs et principes - Charte Kayoux.

Choisir une gouvernance

En l’absence de choix délibéré de gouvernance, le groupe présentera spontanément un fonctionnement qui pourra aussi bien être positif que destructeur. Ce n’est pas directement lié aux personnes qui le compose : la structure et le fonctionnement d’un groupe – qu’ils soient choisis ou subis – influencent les comportements et les interactions entre individus.

Le risque est grand de voir apparaitre des rapports de force si on ne fixe pas un mode de gouvernance. On peut avoir l’impression qu’il est aisé de débattre entre adultes responsables, mais en réalité, sans méthode ni apprentissage, nos prises de décision sont remplies de non-dits, de minorités silencieuses, de manque d’écoute et de rapports de force.

Comment souhaitez-vous fonctionner?

Un fonctionnement horizontal basé sur les principes de la sociocratie se prête bien à un projet citoyen. La gouvernance sociocratique propose d’établir un équilibre entre structure hiérarchique et participation active de chacun, en accordant une importance égale à chacun, indépendemment de ses compétences, du temps consacré au projet etc.

La description du mode de gouvernance sociocratique dépasse le cadre de ce guide (voir une introduction ici).

Rappelons brièvement :

  • Nul ne peut imposer une décision sans tenir compte de ceux qui auront à en supporter les conséquences.
  • Des compétences et des responsabilités au sein du groupe ne donnent pas plus d’importance à la voix de celle ou de celui qui les possède.
  • Pas plus que le fait de “faire le travail” ne donne plus de voix.
  • Préférez le consentement au vote à la majorité.

Il est recommandé de se former à la gouvernance partagée et de faire appel à un facilitateur pour vous aider à comprendre et choisir un mode de gouvernance adapté à votre projet.

Exemple : collectiv-a

Autre gouvernance

Ce guide suppose que vous opterez pour un mode de gouvernance horizontal. Rien ne vous empêche d’adopter une gouvernance hiérarchique. Dans ce cas, interrogez-vous sur la compatibilité d’une hiérarchie avec un projet citoyen qui se veut démocratique. Demandez-vous aussi ce que vous apportez de plus qu’un parti traditionnel.

Rédiger une charte

Les éléments fondamentaux que sont votre objectif, vos valeurs et vos principes et votre gouvernance sont regroupés dans une charte co-créée par les initiateurs du projet. Cette charte est signée par chacun des membres.

Ne pas confondre

À ce stade, pensez “membres” en tant que collectif. N’anticipez pas la création d’une association.

La Charte Kayoux prévoit entre autres le respect des droits humains. Dix valeurs essentielles que chaque membre s’engage à respecter ont été mises en avant, dont la transparence, la rotation et l’empowerment. Ces valeurs se traduisent en quinze principes de fonctionnement. Ils sous-tendent l’objectif de Kayoux, qui est de favoriser l’implication de tous les habitant·es dans la vie politique de la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et ainsi d’y restaurer la confiance.

Ne recopiez pas une charte existante telle quelle, cela n’aurait pas de sens.

La réalisation d’une Charte demande du temps et de la réflexion. Pendant ce temps-là, certaines personnes pourraient penser qu’on avance pas, et qu’on devrait se concentrer sur le projet. Néanmoins, sans cette fondation, une base solide fera défaut. Cela se fera sentir dès que le noyau de départ sera élargi, si pas plus tôt.

Enfin, votre projet va évoluer. Prévoyez de revoir votre charte en temps utile.

  • Co-créez une charte.
  • Faites-la signer par chacun de vos membres.

Lancer un appel

Vous connaissez votre objectif, vous avez dégagé des valeurs et des principes, vous avez choisi une gouvernance et vous avez rédigé une charte. Il est temps de lancer un appel et d’élargir votre collectif.

Organisez une ou plusieurs séances de présentation de votre projet. Demandez à chaque participant ce qu’il recherche. Mettez déjà en pratique les outils issues de la sociocratie, par exemple, le débat mouvant. Présentez votre charte.

À ce stade, pour ceux qui répondent à l’appel, votre projet est à prendre ou à laisser. Si quelqu’un n’est pas d’accord avec la charte, le fonctionnement ou l’objectif, alors sa place n’est pas dans votre collectif.

Cela n’implique pas dire que votre groupe de fondateurs “possède” le projet ou le dirige. À ce stade, les fondateurs n’ont pas plus leur mot à dire que les nouveaux arrivants.

À l’issue de cette ou de ces rencontres, vous devriez avoir élargi votre collectif.

Exemple : Appel Kayoux

Organiser le collectif

Après votre appel, vous avez élargi votre collectif. Vous avez un certain nombre de membres. Disons vingt, avec un potentiel de l’étendre à cinquante ou à cents.

Si vous avez opté pour une gouvernance horizontale, tout le monde ne va évidemment pas décider de tout.

Cercles

Une façon de s’organiser est de créer des “cercles”.

  • Des groupes de travail (GT) qui se réunissent de manière autonome pour des tâches ponctuelles ou récurrentes, selon un mandat défini.
  • Un cercle de coordination qui assure la cohérence entre les GT et qui se concentre sur des aspects opérationnels.
  • Le collectif dans son ensemble, qui décise de l’orientation du projet.

Mis en pratique :

  • Chaque groupe de travail désigne une “locomotive” et un “soutien”. Le rôle de la loco est de s’assurer que le GT progresse vers l’objectif fixé, et dans les temps. Cette personne ne doit pas nécessairement faire le travail.
  • Les rythmes et les lieux de réunions varient en fonction de chaque cercle. Le collectif se réunit par exemple une fois par mois. La coordination peut se réunir une fois par semaine, et ses réunions sont courtes.
  • La coordination est composée d’un représentant de chaque GT (locomotive ou soutien).
  • Le collectif donne un mandat au cercle de coordination. Par exemple : vous pouvez engager des dépenses pour le poste de communication jusqu’à tel montant.

La gouvernance reste la même pour tous les cercles.

Veillez à ce que les décisions d’un petit nombre de personnes n’impacte pas une autre partie du groupe ou le collectif dans son ensemble sans concertation ou mandat préable. Un principe fondamental : plus une action ou une décision a un impact important (de par le nombre de personnes touchées ou par ses conséquences), plus elle requiert un assentiment large.

Il n’est pas possible de dresser la liste de tout ce qu’un groupe de travail par exemple peut faire et ne pas faire. Il vous appartient de dégager progressivement les limites de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas, sur base de lignes de conduite. Exemples :

  • Faire une dépense de 100€ pour un achat de matériel → individu.
  • Décider du lieu de réunion d’un groupe de travail → GT.
  • Modifier l’arborecence des documents sur l’espace de stockage → avertir et laisser un délai raisonnable pour réagir.
  • Envisager une dépense de 1000€ pour un événement → décision collective.

Ces exemples sont volontairement simples. La réalité est plus complexe et présente une infinité de nuances.

Inéavitablement, une personne ou un groupe dépassera les limites des actions qu’elle pouvait prendre en toute autonomie. Ne cherchez pas à pointer du doigt, mais profitez d’un incident pour poser des balises. Si le problème se reproduit avec la ou les mêmes personnes, un racadrage est sans doute nécessaire.

Faire prendre la sauce

Mettez en évidence les questionnements importants : quelle inclusivité souhaitez-vous? Faut-il se présenter aux prochaines élections? Si oui, passer un accord électoral? Quel sera le rôle des élus? Que se passe-t-il s’il n’y en a pas?

Vous allez rapidement avoir besoin d’un site web, de réaliser des affiches et des prospectus, de communiquer etc. Vérifiez que les compétences nécessaires sont réunies.

Enfin, il importe que les membres laissent de côté leurs aspirations et considérations qui ne sont pas liées au projet, particulièrement celles qui seraient en contradiction avec votre mode de fonctionnement.

Choisir des outils numériques

En ligne et en présentiel

Il est difficile de se réunir uniquement en ligne ou uniquement en présentiel. Certaines personnes ont des préférences marquées pour un canal de communication au détriment de l’autre. A vous d’établir un équilibre et de poser un choix en fonction de votre projet.

Les deux canaux ne se superposent pas parfaitement mais il est possible et souhaitable de satisfaire aux besoins de différents publics en utilisant différents canaux.

Outils numériques de sociocratie

TODO

Constituer une liste

… Ou pas. Les avis étaient partagés. Plusieurs arguments plaident en faveur de la constitution d’une liste électorale :

  1. C’est une façon de mettre en application les principes prônés et de les confronter à la réalité.
  2. La présence d’un seul élu donne une voix non seulement au conseil communal, mais également dans les médias, ce qui augmente la visibilité du projet.
  3. Les conseillers communaux disposent d’un accès plus larges aux dossiers que celui des citoyens, la transparence n’étant pas de mise dans le système représentatif.

À noter qu’à certains échelons, en Belgique, le mandat politique est rémunéré et est même pourvu d’un budget pour engager du personnel. Ce n’est malheureusement pas le cas au niveau communal, où les jetons de présence sont maigres pour couvrir les frais de fonctionnement d’un collectif.

Kayoux a finalement opté pour la constitution d’une liste électorale.

Encore fallait-il trouver des candidats. Car si les membres du collectif voulaient changer les choses, personne ne voulait se mettre en avant et se retrouver sous les feux des projecteurs.

Il fut décidé que tous les membres seraient candidats, sauf motif légitime, étant entendu qu’une des valeurs du projet est de croire que chacun peut contribuer à la vie politique de la ville.

Une décision phare a été de tirer au sort l’ordre des candidats sur la liste. Le message sous-jacent est que personne ne doit être mis en avant. En politique, la première place est très prisée. Or le collectif voulait écarter toute femme ou homme providentiel. La presse fut invitée à assister à ce tirage au sort, moment unique en politique.

Une alternative est de plébisciter le ou les premiers candidats sur la liste lors d’une élection sans candidat (ESC).

Anticipez la suite. Définissez les fonctions de vos élues et élus avant les élections. Prévoyez un cadre de fonctionnement les incluant. Veillez entre autres à ce que leur future position ne leur donne pas une importance excessive. Si une partie de leur rémunération doit être reversée au collectif, prévoyez-le.

Si votre liste n’obtient pas de siège, vous avez en principe déjà décidé de ce que vous ferez lors de la constitution de votre collectf.

Resources ESC

  • Retenez qu’une liste électorale définit les contours de votre action pour les années à venir.
  • Tirez au sort l’ordre des candidats sur la liste.
  • Anticipez la suite, élu ou non.

Concocter un programme

Le but du collectif est d’augmenter la participation citoyenne, et de mettre en place une transparence dans la gestion de la ville.

Le programme de Kayoux est d’une simplicité déconcertante et consiste en une inversion de cadre : « les citoyens décident et les élus sont leurs porte-parole ». En pratique, le collectif organise huit assemblées citoyennes par an au cours desquelles des citoyens se prononcent sur des points à l’ordre du jour du conseil communal. Ils s’informent en présence d’experts sur le sujet, échangent avec d’autres citoyens sous la supervision d’animateurs, et finalement prennent une décision. Les élus Kayoux au conseil communal, appelés porte-parole, se limitent à rapporter telle quelle la décision prise par les citoyens lors de l’assemblée.

En ce sens, l’assemblée citoyenne est décisionnelle et non pas consultative contrairement à ce que proposent les partis traditionnels. L’action du collectif est articulée dans le but d’inciter les politiciens traditionnels à mettre en place plus de participation.

Il peut être tentant, pour ne pas paraitre utopiste, de tempérer un programme jugé radical, et d’aménager les principes posés. Ce serait une erreur. Un côté radical ou novateur tout en restant cohérent rend votre programme plus lisible.

  • Mettez au point un programme en phase avec vos valeurs.
  • Evitez d’emblée les compromis et les écarts avec vos principes.
  • Ne craignez pas de vous démarquer.

Écarter les politiciens professionnels

Une arme à double tranchant

Une liste électorale attire immanquablement des personnes de tous bords, avec des intentions plus ou moins altruistes. Même sincère, un politicien raisonne en termes de pousser la liste, de monter au pouvoir, de combat électoral. Elle ou il a assimilé les codes de la politique dont on voudrait justement se défaire. Le risque est grand de recréer un parti semblable aux partis traditionnels.

Avoir en son sein un ou plusieurs politiciens aguerris peut sembler être un atout pour augmenter votre visibilité et espérer un plus grand nombre de voix. Mais vous perdrez en spontanéité, ce qui peut avoir l’effet inverse à celui escompté. De plus, en raison de leur relative notoriété et sans doute de leurs habitudes, ces personnes développeront naturellement une zone d’influence néfaste.

Radicalité, rotation et tirage au sort

Kayoux voulait dès le départ éviter cela en écartant les politiciens de carrière. Une liste citoyenne doit se composer de citoyens ordinaires. Ceci étant dit, les politiciens ont beau jeu de rappeler qu’ils sont eux aussi des citoyens pour proclamer que leur liste est citoyenne. Bien essayé. Par liste citoyenne, on entend une liste composée de citoyens qui ne sont pas politiciens de carrière.

Pour éviter une professionnalisation, il est important de mettre en place des mécanismes qui écartent naturellement les carriéristes. Par exemple, l’interdiction stricte de cumul de mandats, et la limitation à l’exercice d’un seul mandat. Cela élimine les écueils liés au besoin d’être réélu très présent chez les politiciens.

Kayoux a pris une approche encore plus radicale, en limitant le mandat de conseiller communal à deux ans (sur une législature de six ans). Ceci dans le but de favoriser au maximum la rotation des personnes et d’augmenter l’inclusivité, une durée plus courte étant plus abordable pour un plus grand nombre de personnes. Cela a eu un effet encore plus dissuasif sur les éventuels candidats motivés par les feux des projecteurs. Pensez-y si votre liste vise une fonction à temps plein : les candidats intéressés par un mandat confortable qui fait office de plan de carrière seront rebutés par une rotation rapide.

Il a été rétorqué à cela qu’une rotation trop rapide empêche le porte-parole de s’installer dans son rôle et que, à peine familiarisé avec les mécanismes politiques, il est déjà temps qu’il cède sa place. C’est exactement ce qui est recherché : la politique doit être l’affaire de citoyens ordinaires, et non pas de personnes rodées aux usages et aux coutumes du monde politique.

L’engagement à limiter le mandat à deux ans est une indication claire que le collectif Kayoux ne voulait pas faire de la politique traditionnelle. Cette limitation est une caractéristique unique qui démarque le collectif des autres partis. Elle a très certainement joué en sa faveur auprès des citoyens.

Cette durée qui apparaissait fort courte au collectif lui-même est en réalité une bénédiction, car la participation au conseil communal s’est avérée être un effort important pour les porte-parole.

Le tirage au sort de l’ordre des candidats sur la liste a aussi un effet dissuasif pour les politiciens professionnels. Sauf coup de chance, la place en tête de liste très prisée au sein des partis traditionnels ne dépend plus ici de la popularité ou de l’influence de qui que ce soit.

Voir aussi : Constituer une liste - Election sans candidat

Ca fonctionne sans politiciens

Suite à une scission du groupe original dont Kayoux est issu, deux listes citoyennes se sont présentées, l’une étant Kayoux, l’autre ayant à sa tête un politicien.

L’absence d’expérience et de “crédit” électoral n’ont pas joué en défaveur de Kayoux, et la présence d’un politicien n’a pas entrainé le succès de l’autre liste.

  • Interdisez le cumul des mandats.
  • Limitez l’exercice d’un mandat pour favoriser la rotation.
  • Tirez au sort l’ordre des candidats sur la liste.

Survivre à une scission

Très tôt au sein du collectif, deux tendances se sont dégagées. D’un côté, celle incluant les “radicaux”, agissant sur le plan des principes. De l’autre côté, une mouvance pragmatique, prête à accepter certains compromis et à passer un accord électoral. La coexistence de ces deux tendances créait de fortes tensions. Chacun ayant entendu les arguments de l’autre, aucune position intermédiaire ne semblant possible, il ne restait qu’une solution sèche : procéder à un vote. La scission avait eu lieu.

De là, il y aurait deux listes citoyennes à OLLN. La mouvance pragmatique ayant emporté avec elle le nom du collectif, son logo et son site internet lors de son départ, il fallait trouver un nouveau nom.

Qu’à cela ne tienne. Au beau milieu de l’été, le collectif décida qu’il s’appellerait désormais Kayoux. Avec un “K” car kayoux.be était disponible sur internet. Car un caillou, c’est petit, c’est modeste, mais ça peut gêner dans la chaussure. C’était bien en phase avec les idées du collectif : être un caillou dans la chaussure de partis formant la majorité, pour les obliger à faire mieux et à mettre en place une vraie participation citoyenne.

Les deux listes en présence étaient :

  • LOCALe, “pragmatique”, avec un politicien à sa tête, avec un programme thématique classique incluant de la participation, prête à passer des accords électoraux pour obtenir des sièges au conseil communal et une place dans la majorité.
  • Kayoux, “radicale”, avec un programme centré exclusivement sur la participation citoyenne, sans volet thématique, et qui ne voulait conclure aucun accord électoral.

Cette dualité de listes citoyennes n’a fait que compliquer la situation cependant, car il fallait sans cesse expliquer en quoi les deux listes différaient.

Au final, Kayoux a obtenu deux sièges au conseil communal, et la liste LOCALe, aucun. Je crois que les citoyens ont préféré une approche sans compromis. Peut-être aussi que les personnes qui composaient Kayoux avaient un meilleur crédit auprès des habitants. La présence d’un politicien à la tête de LOCALe n’a en tout cas pas été un gage de réussite.

Le collectif se porta mieux une fois devenu plus homogène, même si les idées portées par la mouvance pragmatique ont été perdues dans le feu de l’action, faute d’avoir seulement été évaluées dans le contexte du nouveau collectif.

  • Dialoguez pour apaiser les tensions.
  • Conservez les bonnes idées de celles et ceux qui vous quittent.

Pitcher son programme

Votre programme est prêt, il est temps de le présenter à qui veut l’entendre. Le terme pitch est emprunté au monde des entreprises, et particulièrement celui des startups. Laissons de côté nos éventuels a priori à leur sujet pour se concentrer sur le pitch, c’est-à-dire la présentation préparée (pas d’improvisation) et calibrée (en fonction de son destinataire).

Le pitch de l’ascenseur, qui consiste à présenter votre projet d’entreprise le temps d’un trajet en ascenseur, a été remplacé par le pitch à dérouler sur la place du marché, lieu de prédilection pour présenter un projet politique. Il ne devra pas dépasser les trentes secondes.

Le pitch contribue à mettre tout le monde sur la même longueur d’onde (les zones d’ombre devraient être levées) et contribue à souder le groupe. Il rend le discours fluide et concis. Sur la forme, chacun l’adaptera à son caractère et à son élocution. Sur le fond, il fera l’objet d’un consensus.

On dit qu’il faut pitcher cent fois pour que le pitch soit parfait (ou mille fois selon les versions). Mais la fluidité et l’aisance apparaissent après quelques itérations seulement.

  • Préparez un pitch.
  • Répétez-le jusqu’à ce qu’il soit fluide.
  • Présentez-le en groupe sur les marchés.

Participer au débat pré-électoral

Les élections font l’objet d’un rituel appelé débat pré-électoral. Kayoux a participé à une demi-douzaine de débats organisés par des associations locales. Chaque parti y délègue un de ses ténors. Vous êtes un jeune collectif citoyen. Vous n’avez sans doute pas de ténor à votre disposition. Lors d’un débat, votre porte-parole côtoie des politiciens aguerris, échevins et bourgmestre la plupart du temps, président de parti ou chef de file. Ces personnes sont rompues aux exercices rhétoriques. La tâche de Kayoux était d’autant plus compliquée que son programme et sa méthode radicalement différents nécessitaient de planter le décor avant de répondre aux questions.

Avec un programme qui consiste en une inversion de cadre, et où les citoyens décident et les élus sont leurs porte-parole, Kayoux avait fort à faire dans des débats systématiquement organisés par thèmes. Quelle est votre position sur la limitation de la vitesse en ville ? Sur l’aménagement de pistes cyclables ? Sur les finances communales ? Kayoux n’avait pas de réponse spécifique à ces questions. Ce serait aux citoyens d’en décider.

Vous pouvez aisément imaginer que le porte-parole était d’emblée en porte-à-faux avec le déroulement même du débat, adapté au système représentatif mais pas du tout à la démocratie participative.

La technique consistait à profiter de notre temps de parole pour expliquer en quoi, sur le thème abordé, la participation citoyenne pourrait complémenter le système en place, et déboucher sur des décisions plus légitimes et mieux adaptées car résultant de l’intelligence collective. Donner des exemples pratiques est possible au départ d’un thème (mobilité, logement, environnement, etc) mais peut rapidement devenir répétitif.

Le programme de Kayoux était centré sur la participation citoyenne. Il fallait dire en quoi elle se démarque de la pseudo participation proposée par les partis traditionnels, généralement limitée à de la consultation. Ou, quand on laisse les citoyens décider, c’est sur des enjeux mineurs. Confrontez les partis à leur ambivalence. Par exemple, si votre commune prévoit un budget participatif, mais que le comité de sélection se compose en partie de politiciens ou de fonctionnaires, que la décision finale revient aux élus ou que le budget est dérisoire, il s’agit d’un ersatz de participation.

Restez toujours ancré sur vos principes. Reconnaissez les difficultés pratiques de mise en œuvre, mais n’anticipez pas des compromis parce que vous pensez que vos propositions seront mieux acceptées des électeurs. Tout d’abord parce que votre objectif n’est pas de faire des voix. Ensuite parce que vous ne seriez pas sincères.

Au plus votre programme se démarque de ce qui se fait, au plus vous devez rester concentré sur l’essentiel et éviter de vous disperser. Résistez à la tentation de le compliquer dans le seul but de lui donner une apparence de substance.

Pour ne rien arranger aux débats pré-électoraux de Kayoux, suite à la scission du groupe original, il y avait non pas une mais deux listes citoyennes qui se présentaient. Cela ne faisait pas bon genre. En plus d’expliquer en quoi la participation citoyenne consistait, il a fallu expliquer en quoi les deux listes différaient.

C’est ici que la pratique du pitch est un allié précieux. Encore plus que sur le marché ou dans la rue, votre discours doit être fluide, précis, concis.

Heureusement, Kayoux n’a pas fait l’objet d’attaques frontales ou agressives. Un respect mutuel était de mise entre partis. Toutes les listes n’ont pas cette chance. Dans certaines villes, on a pu assister à des pratiques mesquines et délétères. Le surcollage d’affiches électorales en fait partie. Soyez vigilants. Ne rentrez pas dans ce jeu et refusez l’escalade.

  • Le débat électoral est un exercice difficile mais essentiel pour exposer vos idées.
  • Armez-vous avant de participer au débat.
  • Préparez vos porte-parole tels des guerrières et guerriers qui vont au combat.
  • Esquivez les attaques.

Envisager un accord électoral

Il est de coutume pour les partis de passer des accords avant les élections (accords pré-électoraux). Le but est généralement de constituer une majorité au sein de l’assemblée. Souvent, ces accords sont occultes, ou dépendent d’un échange de bons procédés.

Un accord peut également être passé après les élections (accords post-électoraux), en fonction des résultats de celles-ci.

En présentant sa liste, Kayoux devait-il envisager de passer un accord avec un ou plusieurs autres partis ?

En faveur de cette approche, on peut citer la perspective d’une capacité accrue à mettre le projet en œuvre. Le collectif aurait pu devenir par exemple devenir le bras d’un parti de la majorité en matière de participation citoyenne, et d’obtenir des moyens accrus pour mettre en œuvre son projet.

Cette approche cache en réalité de nombreuses difficultés :

  1. Incompatibilité avec la nature du programme
  2. Risque de compromission
  3. Association à toutes les décisions de la majorité
  4. Perte d’indépendance
  5. Place au sein d’une alliance
  6. Perte de diversité

Incompatibilité avec la nature du programme

La nature du programme de Kayoux rendait ce dernier incompatible avec un accord pré-électoral. En effet, comment concilier un programme thématique classique qui prend position sur toutes sortes de sujets, avec un programme participatif qui peut déboucher sur n’importe quel choix des citoyens, y compris en contradiction avec le programme thématique?

Risque de compromission

Un tel accord aurait également pu être perçu comme étant une forme de compromission. Les accords électoraux sont souvent perçus comme opaques ou à tout le moins inopportuns.

Association à toutes les décisions de la majorité

Un accord pré-électoral a pour vocation de déboucher sur un accord de majorité après les élections. Votre collectif deviendrait membre de la majorité, avec idéalement l’attribution d’un échevinat de la participation au sein du Collège communal. Mais cet organe exécutif prend ses décisions de manière collégiale. Il n’est donc pas possible pour un échevin de se dissocier d’une décision prise par le Collège ni d’émettre une opinion dissidente. Votre collectif serait par conséquent irrémédiablement lié à la politique menée par la majorité, sur tous les sujets.

Pertes d’indépendance

Une fois membre de la majorité, il n’est pratiquement plus possible de s’opposer à celle-ci, ni même de la challenger publiquement. Sauf à tenir une position schizophrènique, ou à se comporter comme ces partis traditionnels qui participent à la majorité pour la critiquer aussitôt tourné vers les caméras.

Place au sein d’une alliance

À supposer qu’un accord électoral puisse être passé dans le contexte qui vous est propre, se pose la question : un collectif citoyen peut-il exister à l’ombre d’un parti traditionnel, avec sa machinerie bien huilée, et ses luttes internes pour occuper la meilleure place en son sein? On peut en douter.

Perte de diversité

Interrogez-vous sur la diversité de vos membres. Kayoux a ressemblé des personnes de tous bords politiques qui avaient une volonté commune de faire de la participation citoyenne au delà de leurs orientations personnelles, et qui ne se seraient sans doute jamais rencontrées autrement. Si vous vous alliez à un parti, vous allez naturellement attirer des personnes proches des idées de ce parti et éloigner les autres. Vous perdrez tout le bénéfice de cette diversité.

Selon moi, croire que s’allier à un parti traditionnel vous donnera plus de poids et vous permettra de mettre en œuvre votre projet est un miroir aux alouettes.

Finalement, Kayoux a décidé de ne conclure aucun accord pré- ou post-électoral.

  • Réfléchissez dès le départ aux implications d’un accord électoral.

Parler aux médias

La presse est friande de ce qui se démarque dans le morne paysage politique. Avec un projet aussi particulier, Kayoux trouvait une oreille attentive auprès des journalistes. Un article de presse est une occasion en or pour vous faire connaitre et faire parler de votre projet. Pour dire quelque chose qui va de soi : choisissez comme porte-parole une personne habituée à la prise de parole.

Anticipez les questions. Entrainez-vous. De mémoire, je n’ai jamais été confronté à des questions pièges, mais certains principes novateurs peuvent être mal compris des journalistes. Parfois, il ou elle peut avoir des préjugés sur certaines méthodes. Il vous appartient d’être patient et didactique.

N’hésitez pas à employer des méthodes novatrices, par exemple en inversant le cadre et en posant des questions aux journalistes, ou à vous répartir en groupes autour d’une table plutôt que de vous tenir face à eux.

Usez du communiqué de presse avec parcimonie, et restez concis. N’oubliez pas que le projet qui vous obsède est sans doute une simple colonne parmi d’autres dans le journal. Si le journaliste peut simplement recopier tout ou partie de votre texte, vous diminuez les risques d’erreur de compréhension et vous augmentez vos chances d’un article “dans le mille”.

  • Soignez votre communication.
  • Usez judicieusement du communiqué de presse.

Organiser les assemblées citoyennes

Principe

Une assemblée citoyenne consiste à réunir des citoyens pour qu’ils s’informent, échangent, débattent et décident sur un ou plusieurs sujets. Idéalement, l’assemblée devrait faire partie de nos institutions politiques et être organisée dans un cadre légal.

Kayoux s’est fixé de reproduire le fonctionnement d’une démocratie participative au sein du système représentatif. Cela s’avère extrêmement difficile.

Qui peut participer aux assemblées ? Pour Kayoux, toutes les personnes qui font la ville. Il s’agit non seulement des habitants, mais également des commerçants, des étudiants (Louvain-la-Neuve est une ville universitaire), les personnes qui y travaillent etc

Agora Brussels avait pour sa part choisi de tirer au sort les participants, en ajustant certains critères (âge, genre, diplôme, quartier) pour garantir une représentativité élevée. Cette méthode supérieure demande cependant des moyens opérationnels et financiers que Kayoux, collectif à l’échelle communale, n’a pas à sa disposition.

Risques

Existe-t-il un risque d’abus, sous forme d’intrusion d’éléments perturbateurs, ou d’adversaires qui investirait l’assemblée en masse ? Oui, mais aucun n’a été recensé. Une parade est le tirage au sort des participants, qui empêche l’invasion concertée de l’espace par des personnes mal intentionnées.

Un risque plus concret provient du manque de fréquentation qui s’est manifesté au fil du temps. C’est un ennemi à la légitimité de votre action.

Enfin, quelque soit la qualité de votre travail, de celui de l’assemblée et de la diversité des participants, il s’agira toujours de votre assemblée, liée à votre parti ou votre mouvement. En ce sens, elle ne pourra jamais prétendre à plus de légitimité démocratique qu’une banale consultation organisée par un parti classique.

Ces risques sont inhérents à l’organisation d’assemblées citoyennes par un parti politique. Il n’existeraient pas dans une version de notre société où la participation citoyenne serait institutionnalisée.

Kit

Un kit de l’assemblée citoyenne reprenant tous les aspects pratiques et méthodologiques est un outil intéressant à destination des organisateurs et des animateurs. Il sera constitué puis amélioré au fur et à mesure.

Charge de travail

De telles assemblées demandent un travail important. Logistique tout d’abord : il faut une salle, lancer des invitations, communiquer… ensuite sur le fond : il ne s’agit pas simplement pour un élu de s’informer sur un sujet, mais d’informer un ensemble de personnes aux backgrounds hétéroclites. Il faut aussi prévoir des animateurs et des experts pour présenter le sujet de manière équilibrée. Les animateurs doivent se former à la prise de décision participative et à ses outils, et notamment veiller à ce que la parole soit répartie entre participants et experts. Enfin, le produit attendu de l’assemblée doit être décrit : quels documents, avec quel niveau de détail, pour quelle finalité (déposer un amendement, intervenir lors du conseil communal, informer, …). Son suivi doit être assuré.

Fréquentation

Malgré un travail acharné, la fréquentation des assemblées a diminué au fil du temps. On peut attribuer cela entre autres à un manque d’intérêt. Une publicité insuffisante ou mal ciblée ainsi qu’un manque de temps et de moyens ont également joué un rôle. En l’absence de subsides, tant les organisateurs que les participants sont bénévoles et sacrifient leur temps libre. Ce mode opératoire montre vite ses limites.

Il serait erroné d'en conclure que les assemblées citoyennes sont inutiles. C'est au contraire le cadre institutionnel et les moyens financiers qui pèchent par leur absence.
  • Tenez compte de la charge de travail colossale que représente la tenue d’une assemblée citoyenne.
  • Rédigez un kit de l’assemblée citoyenne. Améliorez-le lors de chaque assemblée.
  • Interrogez-vous sur l’opportunité de tenir des assemblées hors cadre institutionnel.

Participer au conseil communal

L’organe délibératif local est le conseil communal. Plusieurs formations politiques avec des programmes et doctrines plus ou moins compatibles s’allient pour former une majorité. À côté d’elle se constitue une minorité.

Un théâtre de démocratie…

À Ottignies-Louvain-la-Neuve comme à bien d’autres endroits, lorsqu’un point est soumis à l’ordre du jour du conseil communal par la majorité, tous les conseillers de la majorité votent pour. Selon le sujet, la minorité vote pour, contre ou s’abstient, mais également d’un seul bloc la plupart du temps. On appelle ça les consignes de vote. Il y a peu de place pour des voix dissidentes. Les politiciens vous diront que leur vote est libre, qu’ils peuvent marquer leur désaccord, mais la pratique semble leur donner tort. Les quelques rares exceptions sont souvent le fait de ténors “qui peuvent se le permettre”.

Le débat démocratique est limité au conseil communal. Des débats ont bien lieu, mais si majorité et minorité ne s’entendent pas, la majorité n’a que peu d’incitant à revoir ou à nuancer sa position, sauf si elle devient intenable ou inconfortable et que cela risque de la déservir.

Des dizaines de points figurent généralement à l’ordre du jour. Celui-ci est connu huit jours avant le conseil communal. Les élus ne disposent que de ce court laps de temps pour consulter l’ensemble des dossiers qui seront votés. La plupart d’entre eux ont un travail à temps plein en dehors de leur fonction de conseiller communal. En pratique, il est impossible pour chaque élu d’étudier les dossiers à fond et donc de voter en étant parfaitement informé.

La quantité de sujet à aborder fait que les débats sont souvent limités en séance publique, au profit de “discussions” lors de réunions préalables (et inaccessibles au public, bien entendu). Les élus ne s’en cachent pas, comme en atteste ce rappel lors d’un conseil communal :

Le président du Conseil rappelle au public que la majorité des points ont été discutés lors de réunions préalables, raison pour laquelle ils ne seront plus débattus en séance.

Séance du 20/02/2024, BCO OLLN

Il faut aussi composer avec les attaques et les railleries. À OLLN, dans l’ensemble, les échanges restent cependant courtois… mais les piques et les haussements de ton n’ont rien d’exceptionnel.

Ce portrait peu flatteur s’exporte certainement en dehors d’OLLN. Et c’est parfois bien pire. Un bourgmestre-despote n’a rien d’exceptionnel. Précisons que ce n’est pas le cas dans notre commune.

La politique locale telle que je la perçois à travers ce portrait légèrement caustique, c’est donc :

  • Des consignes de vote.
  • Un temps limité pour préparer les dossiers.
  • Des débats d’apparat.
  • Des piques mesquines.
  • Dans certains cas, du despotisme.

… dans lequel vous jouez un rôle

Si votre liste obtient au moins un siège, sachez dans quoi vous vous embarquez.

Veillez à encadrer et à soutenir vos élues et élus. Le soutien du groupe doit être disponible en permanence. Assistez-les notamment lors de la préparation du conseil communal et dans le suivi des dossiers.

Ne déviez pas de vos principes mais ne perdez pas de vue qu’une distorsion existe certainement entre la théorie institutionnelle et la réalité.

Si l’assemblée où siège votre élu(e) vous semble manquer de transparence, ou qu’elle vous apparait non démocratique, votre porte-parole est au bon endroit pour le dire. Ne vous en laissez pas conter par les politiciens aguerris.

Par ailleurs, avec le temps peut s’installer une certaine complaisance vis-à-vis des autres politiciens devenus des collègues. La rotation (tous les deux ans chez Kayoux sur une mandature de six ans) atténue naturellement ce risque, tout en retirant un poids des épaules des élus.

  • Assurez-vous d’avoir les reins assez solides pour supporter l’arène (ou le cirque) politique.
  • Gardez à l’esprit que vous ne serez pas forcément entendu.
  • Apportez le soutien nécessaire à vos porte-parole.

Suivre ou s’écarter de l’ordre du jour

Le collectif s’était fixé de tenir au moins huit assemblées citoyennes par an, calquées sur l’ordre du jour du conseil communal. C’était une erreur. Le conseil communal fonctionne à un rythme effréné. Un nombre restreint de personnes prend les décisions qui affectent l’ensemble de la commune. Dès que l’on veut impliquer les citoyens, cela demande de la patience. Or avec un délai de huit jours entre l’annonce de l’ordre du jour et le conseil communal à proprement parler, il n’est pas possible d’organiser utilement une ou plusieurs assemblées sur tous les points pertinents. En tout cas pas avec une petite équipe de bénévoles.

Kayoux s’en est rendu compte en cours de route, mais a eu des difficultés à délaisser le mode de fonctionnement original. Sans doute parce que c’est ce qui avait été annoncé aux électeurs, et que le collectif se sentait engagé dans ce sens. D’un autre côté, il avait bien été précisé que Kayoux serait un laboratoire pour expérimenter, ce qui suppose de pouvoir faire des erreurs, de les corriger, et d’aménager le fonctionnement si besoin.

En persistant malgré tout pendant un certain temps à suivre un rythme infernal et impossible à soutenir, les membres du collectif se sont éreintés.

Le collectif a finalement décidé de s’écarter de l’ordre du jour du conseil communal et de choisir ses propres sujets – ou de laisser les citoyens amener les leurs – pour tenir ses assemblées. L’effort est devenu plus soutenable.

Agora Brussels, avec son programme similaire au Parlement bruxellois, s’est limité à quelques assemblées sur la législature, et les as traitées en profondeur (avec des moyens financiers et organisationnels sans commune mesure avec ceux de Kayoux), à un rythme soutenable.

  • Ne vous préoccupez pas (trop) de l’ordre du jour du conseil communal.
  • Amenez vos propres sujets devant le conseil communal.
  • Privilégiez des sujets de fond et de grande amplitude.
  • Avancez à votre rythme plutôt qu’à celui des politiciens.

Accepter les abstentions

Parce qu’il ne lui est pas possible de tenir une assemblée sur tous les points à l’ordre du jour du conseil communal, Kayoux s’abstient lors du vote de nombreux points. Quand le collectif a décidé de s’écarter de cet ordre du jour pour choisir ses propres sujets, les abstentions ont monté en flèche.

Ceci n’est pas forcément bien compris. Les abstentions apparaissent aussi sur des points qui en apparence devraient susciter un vote favorable, et font l’objet de piques ou de moqueries de la part des conseillers et échevins. Les habitants ne comprennent pas non plus forcément cette logique.

L’esprit déteste le vide laissé par l’abstention.

Pour la comprendre, il faut revenir au fonctionnement de base du collectif : les citoyens décident, et les élus sont leurs porte-parole. Si les citoyens n’ont pas eu l’occasion de décider, ce qui est presque inévitable avec le fonctionnement actuel du conseil communal, les élus n’ont pas de parole à porter. L’abstention en découle logiquement.

Gardons à l’esprit que, de par le fonctionnement du vote majorité contre opposition, le vote de deux porte-parole n’a en pratique aucune importance. Oui, j’ai bien dit aucune importance en pratique. Les jeux sont faits d’avance. Et les votes se font par bloc. Il n’y a donc jamais de situation où on se trouverait proche de l’équilibre, et où le vote de Kayoux pourrait faire pencher la balance.

En réalité, deux élus d’une minorité pourraient prendre systématiquement le contre-pied du vote majoritaire que cela ne changerait rien au résultat du vote.

Mais alors pourquoi avoir constitué une liste et siéger au conseil communal si c’est pour s’abstenir ?

  • Tout d’abord, le collectif peut se faire entendre lors d’une prise de parole qui est réservée aux élus.
  • Ensuite, les élus ont accès à des informations qui ne sont pas accessibles aux citoyens, ce qui permet au collectif de les informer (avec le défi de respecter les règles de confidentialité).
  • Enfin, le fait de s’abstenir illustre le rythme infernal et impossible à tenir du conseil communal, du moins si on envisage une participation citoyenne sérieuse.

Certains points peuvent toutefois faire l’objet d’un vote (favorable) des porte-parole même en l’absence d’assemblée citoyenne :

  • Toute proposition favorisant la participation citoyenne, car c’est exactement l’objet de Kayoux.
  • Tous les points “administratifs” font également l’objet d’un vote favorable : les nominations, les états de fait.

Kayoux s’est fixé une liste de thèmes sur lesquels il peut agir de manière autonome et l’a fait valider par une assemblée. Même si, répétons-le, son vote ne change rien au résultat du vote final.

Des abstentions répétées peuvent malgré tout peser sur le morale de vos porte-parole, quand bien même elles sont justifiées.

  • N’ayez pas peur de vous abstenir.
  • Soyez didactique si vous devez vous abstenir de manière répétée.
  • S’abstenir met en évidence les obstacles rencontrés dans la mise en œuvre de la participation citoyenne.
  • Ne perdez pas de vue l’impact de l’abstention sur le moral de vos porte-parole.

Combiner les outils démocratiques

Les mouvements, collectifs et partis citoyens ont tendance à se concentrer sur une modalité particulière de la démocratie participative : le tirage au sort, le référendum, la prise en compte du vote blanc, la participation citoyenne via des assemblées…

Se focaliser sur un seul point est une bonne chose, mais on a besoin de mettre en œuvre tous les moyens participatifs simultanément. Combiner les outils démocratiques atténue leurs faiblesses individuelles.

Par exemple, un sujet peut faire l’objet d’une pétition, pour être préparé par un groupe de citoyens tirés au sort, et soumis au vote par référendum.

Ces outils participatifs courent le risque de devenir des fins en soi plutôt que des moyens de mettre en place une démocratie participative. Vous pouvez commencer avec votre outil de prédilection, puis progressivement étendre votre action à un autre. Par exemple, commencer avec des assemblées citoyennes, pour ensuite introduire un tirage au sort.

  • Ne vous cantonnez pas à une seule modalité participative.

Exclure un membre

Sur internet, un membre tenait des propos incompatibles avec la Charte du collectif. Il se produisit un phénomène que j’avais déjà observé en entreprise : personne n’en parle directement à la personne concernée, mais les remarques et le ressentiment s’amplifient. Je me retrouve chargé, avec une coreligionnaire, de discuter avec l’intéressé.

À ce stade, il n’existait aucune procédure sanction ou d’exclusion. On marchait sur des œufs, car l’absence de procédure, c’est la porte ouverte à l’arbitraire. Il fallait rester prudent et équilibré, laissant à chacun l’occasion de présenter ses arguments et de répondre aux arguments de l’autre partie. En totale improvisation, nous étions arrivés à une procédure d’exclusion. Personne n’aime exclure un membre ou licencier un collègue. Heureusement, le membre jugé problématique décida de lui-même de quitter le collectif, se rendant compte que la situation était intenable, à notre soulagement.

Prévoyez une procédure équilibrée et qui respecte la personne visées. Comment et par qui est-elle déclenchée? Prévoyez une possibilité de résolution alternative à l’exclusion. Etablissez des faits quand c’est possible (par exemple, des captures d’écran de propos litigieux). Donnez amplement l’occasion à la personne visée de se défendre, mais restez fermes si les faits sont avérés. Enfin, en dernier recours, l’exclusion devra être décidée par une assemblée plénière. Demandez à un membre de prendre la défense de la personne visée.

Au-delà de l’exclusion, heureusement rare, équippez-vous de conditions d’entrée dans le collectif et de procédures de sortie.

  • Équipez-vous de mécanismes de résolution de conflits.
  • Prévoyez une procédure de sanction et d’exclusion.
  • Prévoyez également une procédure d’entrée et de sortie du collectif.
  • Soyez courageux au moment de l’appliquer.

Constituer une ASBL

Le collectif Kayoux a préféré rester une association de fait. J’ignore les raisons précises, mais il y avait cette impression qu’on pouvait rester insaisissable et en dehors du système en n’ayant pas constitué une association sans but lucratif (ASBL). Un peu comme s’il était possible de passer entre les gouttes de pluie lors d’une averse.

L’absence de structure reconnue légalement comporte des risques pour les individus. Une association de fait n’a pas de personnalité juridique et cela entraine des conséquences :

  • Lorsqu’elle organise une réunion ou une assemblée, si quelqu’un se blesse, la responsabilité des organisateurs peut être engagée individuellement.
  • La plupart des banques refuseront d’ouvrir un compte au nom d’une association de fait (mais ce n’est pas impossible, et elles seront aussi réticentes à ouvrir un compte au nom d’une ASBL).
  • Il n’est pas possible d’identifier l’association de fait pour créer un compte en ligne. On s’en sort généralement en créant un compte au nom d’une personne. N’oubliez pas que cette personne possèdera le compte en son nom et pourra en priver l’association si elle le décide (et par exemple partir avec son nom de domaine internet, cas vécu).
  • Pour mettre en place une politique de traitement des données personnelles (RGPD), une personne physique doit être désignée (l’association de fait ne peut pas être responsable de traitement). La quasi-totalité des associations ne s’en soucient cependant pas.
  • Si un tiers décide de vous calomnier, ou d’utiliser votre nom, il sera difficile de l’en empêcher.

À l’inverse, une association disposant d’une personnalité juridique fera peser moins de risques sur ses membres.

Il est possible de signer une convention d’association de fait, mais cela ne protège pas les membres individuellement. Si vous devez faire appel à une ou un juriste, autant créer une ASBL.

La constitution d’une ASBL génère cependant un effort administratif. Il convient de faire en sorte que les aspects légaux et administratifs ne débordent pas sur les actions de fond. L’ASBL doit être comprise comme un outil juridique, et se limiter à cela. Ses administrateurs devraient se contenter de suivre les décisions prises par le collectif, pour autant bien entendu qu’elles ne mettent pas en cause leur responsabilité et qu’soient légales.

Ne confondez pas collectif ou mouvement et ASBL, au risque de bureaucratiser votre projet.

Agissez et fonctionnez comme si l’ASBL n’existait pas, et invoquez son nom uniquement quand vous réservez une sale, quand vous achetez du matériel, quand vous engagez un collaborateur… On est membre du collectif sans pour autant devenir membre de l’assocation.

La rédaction des statuts et leur dépôt doivent intervenir tôt dans l’existence de la structure… mais le plus tard possible. Par exemple, les raisons suivantes ne sont pas suffisantes pour justifier la création d’une ASBL, car il est tout à fait possible de les réaliser sans :

  • Recevoir des dons.
  • Établir des règles de fonctionnement.
  • Établir les conditions pour devenir membre du mouvement ou du collectif.
Le fonctionnement et la gouvernance du mouvement ne doivent pas être altérés par l'existence de l'ASBL.

Inspirez-vous de statuts simples ayant un objet similaires. Par exemple : Reboot Democracy

  • Constituez une association légalement reconnue.
  • Faites-le tôt, mais le plus tard possible.
  • Cantonnez-la à un rôle d’outil juridique.
  • Ne la laissez pas dicter votre gouvernance et votre organisation.

Favoriser la diversité

TODO

Prévenir l’épuisement

TODO

Le fait que ce chapitre soit marqué “TODO” en dit long sur le manque de prise en compte de la prévention contre l’épuisement.

Le phénomène de burn out associatif est pourtant répandu. Ne pensez pas que votre motivation vous protège contre la fatigue. Au contraire, c’est votre implication qui vous expose à l’épuisement.

Ne pas se représenter

Avant la fin de la mandature et les prochaines élections, le collectif va devoir prendre une décision. Faut-il se présenter aux prochaines élections ? La tentation est grande de remettre le couvert.

Néanmoins, j’y vois une contradiction avec le principe d’empowerment des citoyens. Tant que votre mouvement est en place, il occupe l’espace, rendant difficile l’arrivée d’une autre liste citoyenne ou l’apparition d’un autre mouvement. Le risque de sclérose est inhérent à sa continuation.

  • Comment ne pas devenir un parti à part entière avec la force de l’habitude ?
  • Qu’est-ce qui vous distingue encore d’un parti traditionnel quand vous êtes là pour un deuxième, puis après peut-être un troisième mandat ?
  • Favorisez-vous la rotation et la répartition si votre structure reste en place ?

Il faut aussi pouvoir tenir sur la durée. Six ans, c’est long.

En ce qui me concerne, après une mandature ou une législature, mieux vaut ne pas se représenter. Et songer à mettre un terme au collectif.

Je sais, vous vous dites que contrairement aux autres partis, vous êtes bien intentionnés, et qu’il serait dommage de s’arrêter en si bon chemin, il a tant à faire. Figurez-vous que les partis traditionnels disent exactement la même chose. Mais nous, on est différents, me direz-vous. C’est ce que disent tous les partis.

Après une élection décevante, les partis traditionnels veulent “se réinventer”. Il est dans leur nature de vouloir se perpétuer. Il est dans la nôtre de laisser la place à d’autres.

L’esprit a horreur du vide. Il s’accommode mal de l’idée que tout a une fin, surtout si celle-ci est provoquée.

Cependant je ne vois pas cela comme une fin. Plutôt comme un renouveau, un recyclage, une transmission à d’autres citoyens que l’on pourrait soutenir, coacher, pousser dans le dos le temps qu’ils démarrent et au-delà. Les années d’expérience ne sont pas perdues : elles son transmises. Un autre mouvement, d’autres citoyens, mais toujours la même essence : la participation démocratique.

  • Arrêtez-vous avant de devenir un parti classique.
  • Ne vous leurrez pas en pensant que cela ne s’applique pas à vous.
  • Laissez la place aux autres.

Se lancer

Constituer un collectif et déposer une liste électorale est une tâche gigantesque. Ne vous laissez pas décourager cependant. Kayoux a été l’expérience à la fois la plus enrichissante et la plus frustrante à laquelle j’ai participé. Elle m’a permis de rencontrer des gens extraordinaires que je n’aurais probablement jamais côtoyés dans un autre contexte. J’en suis reconnaissant.

Plus que jamais, les urgences se bousculent à notre porte. Les citoyens ne peuvent plus se contenter d’un rôle passif. Nous ne parviendrons pas à aborder les enjeux colossaux qui nous attendent sans une démocratie renforcée et active. En même temps, certains se tournent vers des fausses solutions présentées par des femmes ou des hommes au discours simpliste.

Le temps joue contre nous. N’attendez pas, lancez-vous. Vous n’aurez probablement pas à le regretter.

Extraits de la Charte de Kayoux

10 valeurs que les membres s’engagent à respecter :

  1. La convivialité et la non-violence
  2. La cohérence et l’intégrité
  3. L’indépendance
  4. La transparence
  5. La rotation et la répartition
  6. L’empowerment et la responsabilisation
  7. Le dialogue et la modération
  8. L’horizontalité, l’égalité et l’inclusion
  9. De notre mieux et avec patience
  10. Conscience du bien commun

Ces valeurs se traduisent en 15 principes de fonctionnement :

  1. Notre programme, c’est notre méthode
  2. La convivialité est essentielle
  3. Le collectif veut être un laboratoire et un exemple du fonctionnement de la commune
  4. Notre fonctionnement doit être le plus inclusif et horizontal possible
  5. Nous devons lâcher prise sur le projet
  6. Le collectif doit être, et toujours rester, indépendant de tout parti et autres niveaux de pouvoir
  7. Le chemin compte autant que le résultat
  8. Ce que nous faisons est important, mais ne doit jamais prendre le pas sur la convivialité
  9. Nous veillons à ne pas entrer dans les petits jeux d’affrontements politiques, d’attaques frontales et ad hominem
  10. Nous utilisons toujours un cadre de sécurité pour nos rassemblements
  11. Nous mettons en œuvre tous les outils à notre disposition pour éviter tout mécanisme de prise de pouvoir, à tous les niveaux
  12. Nous veillons à maximiser la rotation et la séparation des rôles pour éviter que ce soient toujours les mêmes qui décident
  13. Nous veillons à énoncer tout confit d’intérêt potentiel

Source

Appel Kayoux

Version originale publiée le 28 février 2018. À l’époque, le collectif Kayoux s’appelait LOCAL·e.

Construisons ensemble une liste citoyenne pour 2018

Aujourd’hui, face à un manque évident de confiance dans notre système politique, nous lançons un grand appel à toutes et tous afin de construire ensemble une « liste citoyenne pour une démocratie LOCAL·e », en vue des élections communales 2018.

De quoi s’agit-il ?

Notre objectif est de favoriser l’implication de tous les habitant·es dans la vie politique de la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et ainsi d’y restaurer la confiance. Notre horizon est en rupture radicale avec le système représentatif actuel : nous aspirons à une commune où les habitant·es biens informé·es imagineront des solutions et décideront ensemble de la ville qu’ils et elles souhaitent. Et où les élu·es animeront avec transparence et bienveillance ce cadre démocratique.

Comment ?

En ce moment, un peu partout dans le monde, des expériences inédites de démocratie se multiplient. Soutenues par différents outils d’intelligence collective, de plus en plus de personnes détricotent en douceur les anciennes structures hiérarchiques, se réapproprient leur pouvoir d’agir ensemble, et retissent du lien dans des projets qui les animent. Nous pensons à la belle expérience de démocratie locale présentée par le film « Demain », à l’exemple de la commune de Saillans en France, de Frome en Angleterre, de Barcelone) en Espagne ou encore aux pratiques toujours plus répandues de sociocratie, de prise de décision au consentement ou autres, qui se propagent dans certains milieux associatifs, des écoles, des entreprises…

Objectif Octobre 2018 … et au-delà

Inspiré·es par ces expériences, nous souhaitons étendre ce mouvement à notre commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. De toute évidence, un tel projet ne sera pas facile et nécessitera du temps. C’est pourquoi il nous semble important de commencer dès les élections 2018.

La « liste citoyenne pour une démocratie LOCAL·e » n’est pas un parti et est indépendante de tout parti. C’est un collectif dont le coeur est la démocratie. Il doit donc lui-même fonctionner de manière inclusive et horizontale. Sa liste de candidat·es et son programme sont donc encore à construire, avec vous.

Dans ce but, nous organiserons bientôt des assemblées conviviales et ouvertes pour :

  • Faire connaissance entre habitant·es,
  • Expérimenter et enrichir les outils qui nous permettront de renforcer la voix des habitant·es, au fil du temps,
  • Imaginer ensemble les projets que nous aimerions pour notre ville,
  • Enfin, nous construirons notre liste électorale de manière participative.

C’est à vous !

Envie de participer à la mise sur pied d’une telle liste citoyenne ?

Alors rencontrons-nous et puis rejoignez nous.

Et en octobre, épatons-nous et participons aux élections !

Licence

Sous licence Creative Commons – Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International (CC BY-NC-ND 4.0).

CC BY-NC-ND 4.0

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Attribution à https://citizenship.be

En savoir plus

2042

l’ASBL Clara a réalisé un documentaire intitulé “2042”.

Nous avons suivi et filmé en 2018 ces femmes et hommes, citoyens engagés — de la première conférence de presse en février jusqu’au 14 octobre, jour des élections. Et mis en lumière de nouvelles pratiques : le tirage au sort de la place des candidat(e)s sur la liste, l’organisation d’assemblées citoyennes, le rôle des élus qui deviennent des porte-paroles des décisions de l’assemblée citoyenne, le programme qui se construit tout au long de la mandature, etc.

Documentaire disponbile en ligne

Kayoux

Le site des Kayoux