Survivre à une scission

Très tôt au sein du collectif, deux tendances se sont dégagées. D’un côté, celle incluant les “radicaux”, agissant sur le plan des principes. De l’autre côté, une mouvance pragmatique, prête à accepter certains compromis et à passer un accord électoral. La coexistence de ces deux tendances créait de fortes tensions. Chacun ayant entendu les arguments de l’autre, aucune position intermédiaire ne semblant possible, il ne restait qu’une solution sèche : procéder à un vote. La scission avait eu lieu.

De là, il y aurait deux listes citoyennes à OLLN. La mouvance pragmatique ayant emporté avec elle le nom du collectif, son logo et son site internet lors de son départ, il fallait trouver un nouveau nom.

Qu’à cela ne tienne. Au beau milieu de l’été, le collectif décida qu’il s’appellerait désormais Kayoux. Avec un “K” car kayoux.be était disponible sur internet. Car un caillou, c’est petit, c’est modeste, mais ça peut gêner dans la chaussure. C’était bien en phase avec les idées du collectif : être un caillou dans la chaussure de partis formant la majorité, pour les obliger à faire mieux et à mettre en place une vraie participation citoyenne.

Les deux listes en présence étaient :

  • LOCALe, “pragmatique”, avec un politicien à sa tête, avec un programme thématique classique incluant de la participation, prête à passer des accords électoraux pour obtenir des sièges au conseil communal et une place dans la majorité.
  • Kayoux, “radicale”, avec un programme centré exclusivement sur la participation citoyenne, sans volet thématique, et qui ne voulait conclure aucun accord électoral.

Cette dualité de listes citoyennes n’a fait que compliquer la situation cependant, car il fallait sans cesse expliquer en quoi les deux listes différaient.

Au final, Kayoux a obtenu deux sièges au conseil communal, et la liste LOCALe, aucun. Je crois que les citoyens ont préféré une approche sans compromis. Peut-être aussi que les personnes qui composaient Kayoux avaient un meilleur crédit auprès des habitants. La présence d’un politicien à la tête de LOCALe n’a en tout cas pas été un gage de réussite.

Le collectif se porta mieux une fois devenu plus homogène, même si les idées portées par la mouvance pragmatique ont été perdues dans le feu de l’action, faute d’avoir seulement été évaluées dans le contexte du nouveau collectif.

  • Dialoguez pour apaiser les tensions.
  • Conservez les bonnes idées de celles et ceux qui vous quittent.