Participer au conseil communal
L’organe délibératif local est le conseil communal. Plusieurs formations politiques avec des programmes et doctrines plus ou moins compatibles s’allient pour former une majorité. À côté d’elle se constitue une minorité.
Un théâtre de démocratie…
À Ottignies-Louvain-la-Neuve comme à bien d’autres endroits, lorsqu’un point est soumis à l’ordre du jour du conseil communal par la majorité, tous les conseillers de la majorité votent pour. Selon le sujet, la minorité vote pour, contre ou s’abstient, mais également d’un seul bloc la plupart du temps. On appelle ça les consignes de vote. Il y a peu de place pour des voix dissidentes. Les politiciens vous diront que leur vote est libre, qu’ils peuvent marquer leur désaccord, mais la pratique semble leur donner tort. Les quelques rares exceptions sont souvent le fait de ténors “qui peuvent se le permettre”.
Le débat démocratique est limité au conseil communal. Des débats ont bien lieu, mais si majorité et minorité ne s’entendent pas, la majorité n’a que peu d’incitant à revoir ou à nuancer sa position, sauf si elle devient intenable ou inconfortable et que cela risque de la déservir.
Des dizaines de points figurent généralement à l’ordre du jour. Celui-ci est connu huit jours avant le conseil communal. Les élus ne disposent que de ce court laps de temps pour consulter l’ensemble des dossiers qui seront votés. La plupart d’entre eux ont un travail à temps plein en dehors de leur fonction de conseiller communal. En pratique, il est impossible pour chaque élu d’étudier les dossiers à fond et donc de voter en étant parfaitement informé.
La quantité de sujet à aborder fait que les débats sont souvent limités en séance publique, au profit de “discussions” lors de réunions préalables (et inaccessibles au public, bien entendu). Les élus ne s’en cachent pas, comme en atteste ce rappel lors d’un conseil communal :
Le président du Conseil rappelle au public que la majorité des points ont été discutés lors de réunions préalables, raison pour laquelle ils ne seront plus débattus en séance.
Séance du 20/02/2024, BCO OLLN
Il faut aussi composer avec les attaques et les railleries. À OLLN, dans l’ensemble, les échanges restent cependant courtois… mais les piques et les haussements de ton n’ont rien d’exceptionnel.
Ce portrait peu flatteur s’exporte certainement en dehors d’OLLN. Et c’est parfois bien pire. Un bourgmestre-despote n’a rien d’exceptionnel. Précisons que ce n’est pas le cas dans notre commune.
La politique locale telle que je la perçois à travers ce portrait légèrement caustique, c’est donc :
- Des consignes de vote.
- Un temps limité pour préparer les dossiers.
- Des débats d’apparat.
- Des piques mesquines.
- Dans certains cas, du despotisme.
… dans lequel vous jouez un rôle
Si votre liste obtient au moins un siège, sachez dans quoi vous vous embarquez.
Veillez à encadrer et à soutenir vos élues et élus. Le soutien du groupe doit être disponible en permanence. Assistez-les notamment lors de la préparation du conseil communal et dans le suivi des dossiers.
Ne déviez pas de vos principes mais ne perdez pas de vue qu’une distorsion existe certainement entre la théorie institutionnelle et la réalité.
Si l’assemblée où siège votre élu(e) vous semble manquer de transparence, ou qu’elle vous apparait non démocratique, votre porte-parole est au bon endroit pour le dire. Ne vous en laissez pas conter par les politiciens aguerris.
Par ailleurs, avec le temps peut s’installer une certaine complaisance vis-à-vis des autres politiciens devenus des collègues. La rotation (tous les deux ans chez Kayoux sur une mandature de six ans) atténue naturellement ce risque, tout en retirant un poids des épaules des élus.
- Assurez-vous d’avoir les reins assez solides pour supporter l’arène (ou le cirque) politique.
- Gardez à l’esprit que vous ne serez pas forcément entendu.
- Apportez le soutien nécessaire à vos porte-parole.