Envisager un accord électoral

Il est de coutume pour les partis de passer des accords avant les élections (accords pré-électoraux). Le but est généralement de constituer une majorité au sein de l’assemblée. Souvent, ces accords sont occultes, ou dépendent d’un échange de bons procédés.

Un accord peut également être passé après les élections (accords post-électoraux), en fonction des résultats de celles-ci.

En présentant sa liste, Kayoux devait-il envisager de passer un accord avec un ou plusieurs autres partis ?

En faveur de cette approche, on peut citer la perspective d’une capacité accrue à mettre le projet en œuvre. Le collectif aurait pu devenir par exemple devenir le bras d’un parti de la majorité en matière de participation citoyenne, et d’obtenir des moyens accrus pour mettre en œuvre son projet.

Cette approche cache en réalité de nombreuses difficultés :

  1. Incompatibilité avec la nature du programme
  2. Risque de compromission
  3. Association à toutes les décisions de la majorité
  4. Perte d’indépendance
  5. Place au sein d’une alliance
  6. Perte de diversité

Incompatibilité avec la nature du programme

La nature du programme de Kayoux rendait ce dernier incompatible avec un accord pré-électoral. En effet, comment concilier un programme thématique classique qui prend position sur toutes sortes de sujets, avec un programme participatif qui peut déboucher sur n’importe quel choix des citoyens, y compris en contradiction avec le programme thématique?

Risque de compromission

Un tel accord aurait également pu être perçu comme étant une forme de compromission. Les accords électoraux sont souvent perçus comme opaques ou à tout le moins inopportuns.

Association à toutes les décisions de la majorité

Un accord pré-électoral a pour vocation de déboucher sur un accord de majorité après les élections. Votre collectif deviendrait membre de la majorité, avec idéalement l’attribution d’un échevinat de la participation au sein du Collège communal. Mais cet organe exécutif prend ses décisions de manière collégiale. Il n’est donc pas possible pour un échevin de se dissocier d’une décision prise par le Collège ni d’émettre une opinion dissidente. Votre collectif serait par conséquent irrémédiablement lié à la politique menée par la majorité, sur tous les sujets.

Pertes d’indépendance

Une fois membre de la majorité, il n’est pratiquement plus possible de s’opposer à celle-ci, ni même de la challenger publiquement. Sauf à tenir une position schizophrènique, ou à se comporter comme ces partis traditionnels qui participent à la majorité pour la critiquer aussitôt tourné vers les caméras.

Place au sein d’une alliance

À supposer qu’un accord électoral puisse être passé dans le contexte qui vous est propre, se pose la question : un collectif citoyen peut-il exister à l’ombre d’un parti traditionnel, avec sa machinerie bien huilée, et ses luttes internes pour occuper la meilleure place en son sein? On peut en douter.

Perte de diversité

Interrogez-vous sur la diversité de vos membres. Kayoux a ressemblé des personnes de tous bords politiques qui avaient une volonté commune de faire de la participation citoyenne au delà de leurs orientations personnelles, et qui ne se seraient sans doute jamais rencontrées autrement. Si vous vous alliez à un parti, vous allez naturellement attirer des personnes proches des idées de ce parti et éloigner les autres. Vous perdrez tout le bénéfice de cette diversité.

Selon moi, croire que s’allier à un parti traditionnel vous donnera plus de poids et vous permettra de mettre en œuvre votre projet est un miroir aux alouettes.

Finalement, Kayoux a décidé de ne conclure aucun accord pré- ou post-électoral.

  • Réfléchissez dès le départ aux implications d’un accord électoral.