Participer au débat pré-électoral
Les élections font l’objet d’un rituel appelé débat pré-électoral. Kayoux a participé à une demi-douzaine de débats organisés par des associations locales. Chaque parti y délègue un de ses ténors. Vous êtes un jeune collectif citoyen. Vous n’avez sans doute pas de ténor à votre disposition. Lors d’un débat, votre porte-parole côtoie des politiciens aguerris, échevins et bourgmestre la plupart du temps, président de parti ou chef de file. Ces personnes sont rompues aux exercices rhétoriques. La tâche de Kayoux était d’autant plus compliquée que son programme et sa méthode radicalement différents nécessitaient de planter le décor avant de répondre aux questions.
Avec un programme qui consiste en une inversion de cadre, et où les citoyens décident et les élus sont leurs porte-parole, Kayoux avait fort à faire dans des débats systématiquement organisés par thèmes. Quelle est votre position sur la limitation de la vitesse en ville ? Sur l’aménagement de pistes cyclables ? Sur les finances communales ? Kayoux n’avait pas de réponse spécifique à ces questions. Ce serait aux citoyens d’en décider.
Vous pouvez aisément imaginer que le porte-parole était d’emblée en porte-à-faux avec le déroulement même du débat, adapté au système représentatif mais pas du tout à la démocratie participative.
La technique consistait à profiter de notre temps de parole pour expliquer en quoi, sur le thème abordé, la participation citoyenne pourrait complémenter le système en place, et déboucher sur des décisions plus légitimes et mieux adaptées car résultant de l’intelligence collective. Donner des exemples pratiques est possible au départ d’un thème (mobilité, logement, environnement, etc) mais peut rapidement devenir répétitif.
Le programme de Kayoux était centré sur la participation citoyenne. Il fallait dire en quoi elle se démarque de la pseudo participation proposée par les partis traditionnels, généralement limitée à de la consultation. Ou, quand on laisse les citoyens décider, c’est sur des enjeux mineurs. Confrontez les partis à leur ambivalence. Par exemple, si votre commune prévoit un budget participatif, mais que le comité de sélection se compose en partie de politiciens ou de fonctionnaires, que la décision finale revient aux élus ou que le budget est dérisoire, il s’agit d’un ersatz de participation.
Restez toujours ancré sur vos principes. Reconnaissez les difficultés pratiques de mise en œuvre, mais n’anticipez pas des compromis parce que vous pensez que vos propositions seront mieux acceptées des électeurs. Tout d’abord parce que votre objectif n’est pas de faire des voix. Ensuite parce que vous ne seriez pas sincères.
Au plus votre programme se démarque de ce qui se fait, au plus vous devez rester concentré sur l’essentiel et éviter de vous disperser. Résistez à la tentation de le compliquer dans le seul but de lui donner une apparence de substance.
Pour ne rien arranger aux débats pré-électoraux de Kayoux, suite à la scission du groupe original, il y avait non pas une mais deux listes citoyennes qui se présentaient. Cela ne faisait pas bon genre. En plus d’expliquer en quoi la participation citoyenne consistait, il a fallu expliquer en quoi les deux listes différaient.
C’est ici que la pratique du pitch est un allié précieux. Encore plus que sur le marché ou dans la rue, votre discours doit être fluide, précis, concis.
Heureusement, Kayoux n’a pas fait l’objet d’attaques frontales ou agressives. Un respect mutuel était de mise entre partis. Toutes les listes n’ont pas cette chance. Dans certaines villes, on a pu assister à des pratiques mesquines et délétères. Le surcollage d’affiches électorales en fait partie. Soyez vigilants. Ne rentrez pas dans ce jeu et refusez l’escalade.
- Le débat électoral est un exercice difficile mais essentiel pour exposer vos idées.
- Armez-vous avant de participer au débat.
- Préparez vos porte-parole tels des guerrières et guerriers qui vont au combat.
- Esquivez les attaques.